21 avril 2007 6 21 /04 /avril /2007 09:30

 

Questions aux candidats à la Présidence de la République :

 

 

 

1ère question :

 

Vous engagez-vous à inscrire dans la Constitution l’affirmation de l’article 2 de la loi de 1905 : "La République ne reconnaît, ne salarie, ne subventionne aucun culte."?

2ème question :

 

Seriez-vous partisan d’une application de la loi de 1905 sur l’ensemble du territoire français notamment en Alsace, en Moselle et dans certains départements et territoires d’Outre-mer ?

 


3ème question
:

 

Ferez-vous procéder à l’abrogation de l’article 89 de la loi du 13 août 2004 ?

4ème question :

 

Pouvez-vous vous engager fermement à ne jamais faire rétablir, dans les textes légaux, le délit de blasphème ou toute autre disposition législative qui s’en approcherait ?

 


5ème question
:

 

Accorderez-vous un accès à la télévision publique aux Obédiences maçonniques et aux divers courants de pensée humaniste et laïque, comme cela existe actuellement pour les courants religieux et spirituels ?

 

 

 

6ème question :

 

Quelles sont les actions que vous entreprendrez pour que la Cour Pénale Internationale soit dotée d’une véritable force exécutoire et d’une compétence universelle ?

 


 

 

 

 

Ont répondu :

 

 

-          François BAYROU

 

-          Arlette LAGUILLER

 

-          Corinne LEPAGE

 

-          Gérard SCHIVARDI

 

-          Dominique VOYNET

 

 

 

 

 


Réponse de François BAYROU (5 février 2007)

 

 

Monsieur le Président,

 

Votre lettre accompagnée du « Rapport de la Commission pour le respect de la loi de 1905 et l’affirmation du principe de laïcité » m’est bien parvenue. L’actualité politique particulièrement chargée m’a empêché de vous répondre plus tôt, mais je tiens à vous remercier pour cet envoi.

 

Le modèle français, dans lequel la laïcité est le cœur même de la démocratie, doit être préservé à tout prix. Et je suis convaincu, pour ma part, que la loi de 1905 est le cadre nécessaire de la défense de ce principe républicain.

 


Je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’assurance de mes sentiments cordiaux.

 


Réponse d’Arlette LAGUILLER (26 mars 2007)

 

 

Monsieur,

Jai bien reçu votre courrier du 22 janvier.

 

La plupart de vos questions sont formulées de telle façon quelles s’adressent explicitement au ou à la future présidente de la République, ce que -vous ne l’ignorez pas- je ne serai pas. Je ne peux donc prendre aucun engagement ni “inscrire dans la Constitution” ni procéder à “l’abrogation de l’article 89 de la loi du 13 août 2004”.

 

Je peux tout au plus vous dire que je partage votre point de vue tel qu’il apparaît dans les quatre premières questions que vous posez. Il en va de même pour la cinquième question en ajoutant que l’accès à la télévision doit être garanti aussi à la pensée athée ou encore au courant de pensée communiste révolutionnaire.

 

Je suis, en revanche, plus sceptique sur la sixième question car, même si la Cour pénale internationale était dotée “d’une véritable force exécutoire et d’une compétence universelle”, ses limites resteraient celles de la justice dans un pays donné comme la France que je considère comme une justice de classe, ne serait-ce que parce que les neuf dixièmes du Code pénal visent à protéger la propriété et un dixième seulement, la personne.

 

Recevez, Monsieur, l’expression de mes meilleures salutations.

 


Réponse de Corinne LEPAGE (26 mars 2007)

 

Monsieur le Président,

 

Je n’ai pas répondu plus tôt à votre courrier dans la mesure où comme vous avez dû le constater j’ai choisi de soutenir François BAYROU dans sa campagne plutôt que de continuer seule.

 

Ceci étant, je peux vous dire que je suis une défenseur acharnée de la laïcité, partisane d’une application ferme de la loi de 1905 (opposée bien entendu au délit de blasphème) ou toute autre disposition législative de cet ordre (j’ai organisé plusieurs conférences débats sur ce thème avec Caroline FOUREST, Philippe VAL et d’autres).

 

Vous pouvez donc compter sur mon soutien total à la défense de la laïcité y compris dans le cadre de la campagne que mène actuellement François BAYROU.

 


Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma parfaite considération.

 


Réponses de Gérard SCHIVARDI (10 avril 2007)

 

 

 

 

Cher monsieur,

 

 

Vous m’avez sollicité en tant que candidat à l’élection présidentielle. Vous trouverez ci-dessous les réponses à vos six questions.

 

 

1ère question : Vous engagez-vous à inscrire dans la Constitution l’affirmation de l’article 2 de la loi de 1905 : "La République ne reconnaît, ne salarie, ne subventionne aucun culte."?

 

Je suis résolument contre la Vème République et sa constitution. Je ne suis donc pas pour essayer de la rendre plus démocratique ou laïque. Je me prononce clairement pour l’abrogation de ces institutions réactionnaires. Bien évidemment, dans le cadre d’une future constituante pour une future constitution, je me prononcerais résolument pour le retour à une véritable séparation des Églises et de l’État et l'intégration de la loi de 1905 (dans sa version de 1905) dans "le bloc constitutionnel".

 

 

 

2ème question : Seriez-vous partisan d’une application de la loi de 1905 sur l’ensemble du territoire français notamment en Alsace, en Moselle et dans certains départements et territoires d’Outre-mer ?

 

Je suis pour l'application de la loi de 1905 sur tout le territoire de la République. Je me prononce favorablement pour l'abrogation du statut clérical d'exception en Alsace-Moselle et dans tous les TOM et DOM. Il y a 14 concordats dans les pays de l’Union européenne, il est plus que temps d’abroger ce qui en reste dans notre pays.

 

 

3ème question : Ferez-vous procéder à l’abrogation de l’article 89 de la loi du 13 août 2004 ?

 

En tant que maire d’une petite commune, j’ai fait voter par le Conseil municipal le refus de l’application de l’article 89 de la loi d’août 2004. C’est en vertu des décisions du Parlement européen et de toutes les institutions européennes fondées sur le principe de la « libre concurrence » que de telles forfaitures anti-laïques sont possibles. Je reste fidèle au vieux principe républicain : «  École publique, fonds publics ; école privée, fonds privés ». Je suis donc favorable à l’abrogation de cette nouvelle loi anti-laïque.

 

 

4ème question : Pouvez-vous vous engager fermement à ne jamais faire rétablir, dans les textes légaux, le délit de blasphème ou toute autre disposition législative qui s’en approcherait ?

 

Le délit de blasphème a été abrogé dans notre code pénal en 1792. Issu du Moyen-âge, il tend à revenir en force. Comment ne pas constater que ce délit est largement répandu dans les pays de l’Union européenne et que, par le phénomène « d’harmonisation » européenne, il commence à faire son apparition dans notre pays ? Constatons aussi que la loi de 1905 est un rempart pour la défense de la liberté d’expression, ce qui n’est pas le cas de l’article 9 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme, comme le montre toute la jurisprudence de la Cour européenne de justice.

 

 

5ème question : Accorderez-vous un accès à la télévision publique aux Obédiences maçonniques et aux divers courants de pensée humaniste et laïque, comme cela existe actuellement pour les courants religieux et spirituels ?

 

Pour moi, la laïcité, c'est la stricte séparation des Églises et de l'État. C'est cette condition institutionnelle qui seule peut garantir l'absolue liberté de conscience qui est celle de croire ou de ne pas croire. Les conceptions métaphysiques doivent rester d'ordre privé. En vertu de ce principe politique, j'estime que le scandale ne réside pas dans l'absence d'émissions de la Libre Pensée , des associations humanistes et des Obédiences maçonniques, mais bien dans la présence d'émissions religieuses sur les antennes du service public.

 

Comme vous l’aviez fait remarquer judicieusement en 2005, voici le décompte ce qu'il en a été, rien que sur France 2 :

 

Culte catholique : 78h51mn

 

Cultes protestants : 32h27mn

 

Culte israélite : 26h47mn

 

Culte musulman : 25h18mn

 

Culte orthodoxe : 18h09mn

 

Culte bouddhiste : 13h02mn

 

Outre le fait que la répartition entre cultes ne représente aucunement le "poids" de chacun dans la société et que la Libre Pensée , les associations humanistes et les Obédiences maçonniques  n'ont pas droit à une seule seconde; la présence de ces religions sur le service public est un facteur de communautarisation de la société. Revendiquer , comme le demande la commission Stasi , une "plage" pour la Libre Pensée (selon le modèle "belge" de polarisation), ce n'est pas laïque. C'est accroître le communautarisme, donc c'est une mesure antilaïque.

 

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