9 janvier 2007 2 09 /01 /janvier /2007 09:47

Pour avancer dans la lutte contre l'exclusion, nous vous proposons un texte de réflexion élaboré par un chantier thématique du Congrès des Loges d'Ile de France en 2006 :

 

POUR UN REVENU D’EXISTENCE.

"Je vis et je meurs dans la misère depuis des siècles. J'ai été secouru, chassé, aidé, envoyé aux galères,

nourri par St Vincent de Paul, condamné par Louis XIV… Hier mendiant ou vagabond, aujourd'hui SDF. Je

suis mort des dizaines de fois, au seuil de vos maisons ou caché dans la forêt, mort de faim, de froid et de

solitude.

Aujourd'hui j'ai moins faim, aussi froid et je me sens plus seul que jamais.

Bien sûr, à condition de commencer à faire la queue à partir de 3 heures chaque après-midi d'hiver je suis

presque sûr d'obtenir un plat chaud vers 6 heures et parfois même un lit.

Bien sûr, à condition de savoir où demander, d'insister, d'avoir les bons papiers, de remplir les conditions…

je peux obtenir le RMI et la CMU si je n'ai pas lâché la rampe entre-temps.

Mais j'entends dire qu'aujourd'hui il y aurait suffisamment de tout pour tous ?

Que je pourrais obtenir de quoi subsister sans priver quiconque et sans autre condition que celle d'exister ?

Que vous pourriez me donner les moyens de vivre dignement pour la seule raison que je suis un homme

comme vous ?

Allons, il est temps de me réveiller. Si c'était vrai, des hommes qui croient en la fraternité seraient déjà au

travail pour réaliser ce rêve !"

C'est pourtant vrai. Et nous Franc-maçon, qui travaillons à l'amélioration matérielle et morale, au

perfectionnement intellectuel et social de l'humanité, n'avons pas encore investi ce chantier.

Oui, c'est possible ; oui, c'est réaliste.

Du revenu d'existence de Yoland Bresson à l'impôt négatif de Milton Friedman (chantre du libéralisme !), en

passant par le revenu minimum garanti proposé par René Passet, l'idée d'attribuer, sans condition, à tout

citoyen une part de la richesse commune gagne de plus en plus d'économistes.

Dans le projet de Yoland Bresson, garantir aux 60 millions de français (à tous, y compris les enfants) un

revenu d'existence de 300 euros par mois est possible en 5 ans et pour un coût net de 3,3% du PIB, c'est à

dire moins de 2 ans de croissance ! Pour que tout français de plus de 20 ans bénéficie d'une allocation

annuelle égale au seuil de pauvreté (40.000 francs en 1994) et d'un revenu de moitié pour les moins de 20

ans, René Passet estime qu'il suffirait de mobiliser 6,35% du PIB, avec là encore une montée en charge

progressive.

Car voici la deuxième bonne nouvelle : nous pouvons mettre en place le revenu d'existence ici et

maintenant, sans attendre une souhaitable mais future extension universelle et sans mettre en péril notre

compétitivité.

Certes, tout homme, quel que soit le lieu où il vit, devra et pourra bénéficier, à terme, d'un revenu

d'existence. Mais l'indifférence, les rivalités, l'absence de gouvernance mondiale, font que cet objectif

nécessaire doit passer par des réalisations locales avant de s'imposer comme une évidence mondiale. Nous

pouvons, aujourd'hui, en France, démontrer par l'action et par l'exemple que la grande pauvreté n'est plus

une fatalité.

Pour ce faire, il faut que des hommes de bonne volonté s’y emploient.

Nous, Franc-Maçon, nous pourrions, nous devrions être ces hommes. Nous en avons les moyens, il nous en

faut la volonté.

Le rôle du chantier thématique, au-delà de l’aspect pratique du R.E., a été d’essayer de l’intégrer dans un

système de pensée cohérent et éthique, de l’aider à trouver sa place dans une logique de progrès.

Mais d’abord il faut convaincre, et nous convaincre nous-mêmes, de la faisabilité et du réalisme du revenu

d’existence (R. E.).Les oppositions et réticences que nous avons ressenties dans notre propre groupe

montrent les obstacles réels et imaginaires qui font obstacle à sa mise en oeuvre

POUR UN REVENU D’EXISTENCE.

"Je vis et je meurs dans la misère depuis des siècles. J'ai été secouru, chassé, aidé, envoyé aux galères,

nourri par St Vincent de Paul, condamné par Louis XIV… Hier mendiant ou vagabond, aujourd'hui SDF. Je

suis mort des dizaines de fois, au seuil de vos maisons ou caché dans la forêt, mort de faim, de froid et de

solitude.

Aujourd'hui j'ai moins faim, aussi froid et je me sens plus seul que jamais.

Bien sûr, à condition de commencer à faire la queue à partir de 3 heures chaque après-midi d'hiver je suis

presque sûr d'obtenir un plat chaud vers 6 heures et parfois même un lit.

Bien sûr, à condition de savoir où demander, d'insister, d'avoir les bons papiers, de remplir les conditions…

je peux obtenir le RMI et la CMU si je n'ai pas lâché la rampe entre-temps.

Mais j'entends dire qu'aujourd'hui il y aurait suffisamment de tout pour tous ?

Que je pourrais obtenir de quoi subsister sans priver quiconque et sans autre condition que celle d'exister ?

Que vous pourriez me donner les moyens de vivre dignement pour la seule raison que je suis un homme

comme vous ?

Allons, il est temps de me réveiller. Si c'était vrai, des hommes qui croient en la fraternité seraient déjà au

travail pour réaliser ce rêve !"

C'est pourtant vrai. Et nous Franc-maçon, qui travaillons à l'amélioration matérielle et morale, au

perfectionnement intellectuel et social de l'humanité, n'avons pas encore investi ce chantier.

Oui, c'est possible ; oui, c'est réaliste.

Du revenu d'existence de Yoland Bresson à l'impôt négatif de Milton Friedman (chantre du libéralisme !), en

passant par le revenu minimum garanti proposé par René Passet, l'idée d'attribuer, sans condition, à tout

citoyen une part de la richesse commune gagne de plus en plus d'économistes.

Dans le projet de Yoland Bresson, garantir aux 60 millions de français (à tous, y compris les enfants) un

revenu d'existence de 300 euros par mois est possible en 5 ans et pour un coût net de 3,3% du PIB, c'est à

dire moins de 2 ans de croissance ! Pour que tout français de plus de 20 ans bénéficie d'une allocation

annuelle égale au seuil de pauvreté (40.000 francs en 1994) et d'un revenu de moitié pour les moins de 20

ans, René Passet estime qu'il suffirait de mobiliser 6,35% du PIB, avec là encore une montée en charge

progressive.

Car voici la deuxième bonne nouvelle : nous pouvons mettre en place le revenu d'existence ici et

maintenant, sans attendre une souhaitable mais future extension universelle et sans mettre en péril notre

compétitivité.

Certes, tout homme, quel que soit le lieu où il vit, devra et pourra bénéficier, à terme, d'un revenu

d'existence. Mais l'indifférence, les rivalités, l'absence de gouvernance mondiale, font que cet objectif

nécessaire doit passer par des réalisations locales avant de s'imposer comme une évidence mondiale. Nous

pouvons, aujourd'hui, en France, démontrer par l'action et par l'exemple que la grande pauvreté n'est plus

une fatalité.

Pour ce faire, il faut que des hommes de bonne volonté s’y emploient.

Nous, Franc-Maçon, nous pourrions, nous devrions être ces hommes. Nous en avons les moyens, il nous en

faut la volonté.

Le rôle du chantier thématique, au-delà de l’aspect pratique du R.E., a été d’essayer de l’intégrer dans un

système de pensée cohérent et éthique, de l’aider à trouver sa place dans une logique de progrès.

Mais d’abord il faut convaincre, et nous convaincre nous-mêmes, de la faisabilité et du réalisme du revenu

d’existence (R. E.).Les oppositions et réticences que nous avons ressenties dans notre propre groupe

montrent les obstacles réels et imaginaires qui font obstacle à sa mise en oeuvre.

 

la suite sur www.godf.org/revenu_existence.pdf