Mardi 13 mai 2008

les francs maçons à Valmy
envoyé par Chrysogone

vue sur Dailymotion cette video d'une manifestation de défense de la République et la Laïcité.
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Lundi 21 avril 2008
Vu sur le blog "Riposte laïque"
http://www.ripostelaique.com

RIPOSTE LAIQUE

Sarkozy veut en finir avec la laïcité. Aux armes, citoyens !

mardi 15 avril 2008, par Guylain Chevrier


Le 9 avril dernier, à l’initiative du Président de la République, un comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution a été créé par décret. Il est chargé, conformément à ce qu’expose la lettre présidentielle annexée à celui-ci, d’étudier dans quelle mesure, les droits fondamentaux reconnus par la Constitution doivent être complétés par des principes nouveaux. Le comité peut entendre ou consulter toute personne de son choix. Mme Simone Veil, ancien membre du Conseil constitutionnel, ancien ministre d’Etat, a été nommée présidente du comité ainsi institué, sorte de caution morale à cette démarche. Il remettra son rapport au Président de la République avant le 30 juin 2008.

Lors de la conférence du 8 janvier dernier au cours de laquelle il avait présenté ses vœux à la presse, le Président Sarkozy avait affirmé son intention de « réformer » le préambule de la Constitution de 1958 afin d’intégrer de nouveaux droits, affirmant qu’il apporterait en 2008 un changement « en profondeur » en France, dans le prolongement de ce qu’il nomme « la politique de civilisation ». Dans la lettre annexée au décret, le Président Sarkozy interroge : « Doit-on permettre au législateur de mieux garantir l’égal accès des femmes et des hommes aux responsabilités, en dehors même de la sphère politique ? Y a-t-il des principes directeurs sur lesquels il conviendrait de fonder, au-delà de l’évolution des techniques, notre approche des problèmes liés à la bioéthique ? Faut-il rendre possibles de nouvelles politiques d’intégration valorisant davantage la diversité de la société française pour favoriser le respect effectif du principe d’égalité ? » Il évoque « l’ancrage européen de la République » ou encore que, « la Charte européenne des droits fondamentaux, doit en outre être pris en considération. »…

Que cherche donc Sarkozy à travers ce qui semble à la fois un éloge de l’égalité et de la diversité, sorte de paradoxe dont il a le secret ? L’égalité homme-femme réduite à la logique de la parité Lorsqu’il nous parle de garantir l’égalité homme-femme, pour enchaîner la justification de l’introduction du principe de diversité dans le Préambule de la Constitution qui pourrait être réécrit, il y a une manœuvre qui s’attaque en réalité d’emblée au principe d’égalité.

Il nous parle de mieux garantir l’égal accès des femmes et des hommes aux responsabilités, en dehors même de la sphère politique, en fait d’égalité il fait directement référence à l’élargissement d’une logique de la parité à d’autres secteurs de la vie nationale, comme l’entreprise… Parler d ‘égalité en en fondant la démarche sur la parité, c’est réduire cette première à une mise en concurrence des sexes, au lieu de promouvoir un projet commun aux hommes et aux femmes et non un combat d’un genre contre l’autre.

La dynamique de l’égalité entre hommes et femmes qui a été un facteur important de libération pour toute la société et d’amélioration de la condition du grand nombre, est remplacé par la mise en concurrence des genres qui vise au remplacement des hommes par des femmes dans les mêmes carrières, et il y a fort à parier que cela ne changera rien au système, mieux, cela le justifiera un peu plus comme le seul qui vaille.

L’avantage de cette logique pour l’architecte qui est à l’œuvre ici, est de proposer une égalité par la mise en concurrence des sexes s’identifiant avec la mise en concurrence des individus, dans un système libéral qui s’en régal. Une promotion des femmes se faisant sur ce mode ne risque en rien d’être porteuse d’une promotion de l’égalité pour tous. On relèvera ici que la logique de l’égalité à laquelle se réfère les propos du Président Sarkozy relève en réalité d’une logique de la parité qui ouvre la porte au principe de diversité, car c’est la différence entre hommes et femmes qui est ici cultivée, les genres implicitement considérés comme des communautés distinctes et concurrentes, au lieu de l’interchangeabilité des droits qui fondent l’égalité et avec elle la communauté de la nation.

Le principe de diversité contre l’égalité et les Droits de l’homme

Il s’en suit une promotion du principe de diversité qui, sous prétexte de prendre en compte des évolutions de la société, telle que le développement qu’à connu l’immigration en France depuis la seconde moitié du vingtième siècle, entend donner une reconnaissance aux différences de cultures et de religions, constitutionnalisant le principe des communautés, et piétinant par la même le principe d’égalité.

Sous couvert de faire justice à des minorités culturelles ou religieuses en les rendant visibles à travers une reconnaissance en droits, on s’attaque aux droits inaliénables de l’individu tels qu’énoncer dans la Déclaration des Droits de l’homme et du Citoyen, avec lesquelles cette logique très sarkozienne entre ouvertement en conflit.

C’est pour Sarkozy, donner un signe de bonne volonté aux chantres des revendications communautaristes, c’est aussi par là-même, à la fois, avancer dans le sens d’une France formatée sur le modèle anglo-saxon de la juxtaposition de communautés en lieu et place du peuple, de sa souveraineté politique, et développer une logique clientéliste de la politique qui fasse de la démocratie un instrument de gouvernement et de confiscation du pouvoir. C’est à un essor des communautarismes à quoi incite l’affirmation de ce principe de diversité parallèlement aux Droits de l’homme. C’est une façon d’encourager un islam, qui est au premier plan de la dynamique communautaire en France, à refuser d’évoluer, de s’adapter à la condition moderne de l’individu et de ses libertés, de « s’historiciser ».

C’est induire le risque que demain, le respect de ce principe constitutionnel de diversité puisse voir des tribunaux condamner pour discrimination ceux qui défendront l’égalité contre les pratiques communautaires parfois moyenâgeuses. Mais lorsque l’on sait que la liberté de conscience, qui se réfère au choix d’avoir une croyance ou pas, n’est rien sans la liberté de pensée mise ici à mal dans sa nature même, il y a fort à craindre que ce soit à terme la démocratie elle-même qui se trouve en péril derrière les faux-semblants de nouvelles libertés privatives se rapportant à la reconnaissance d’un droit à la diversité. On imagine comment la liberté d’expression peut être mise en péril dans cette évolution, le poids d’une censure et d’une autocensure assassinant le droit à la critique.

Une adaptation de notre Constitution à une mondialisation contre les peuples

Mais finalement, cette évolution voulue du préambule de notre constitution est en parfaite cohérence avec d’autres évolutions auxquelles on entend qu’elle d’adosse. La remis en cause de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat par la reconnaissance du financement public des lieux de culte sous prétexte d’égalité de traitement entre les religions, la mise en conformité de la France avec une Constitution européenne récemment adoptée par un passage en force qui contient la Charte des droits fondamentaux mettant le droit des minorités sur le même plan que les Droits de l’homme, la nouvelle Déclaration universelle des droits de l’homme en train d’être concoctée par l’ONU qui consacre une conception des droits de l’homme inscrite dans la logique des minorités ethniques et des cultures, des droits de dieu valant pour droits de l’homme. Autant d’aspects qui nient l’idée de nation dans le cadre desquelles les peuples ont leurs repères et peuvent se défendre, dont il est question de faire table rase au nom du principe de diversité pour faire place net au marché comme continent-monde piétinant les droits et les acquis universels des hommes.

La laïcité, à porter au-dessus de toutes les différences ce bien commun de l’interchangeabilité des droits, de la citoyenneté, des libertés communes, protège la démocratie contre les intérêts partisans des corps intermédiaires tels que les religions ou les communautés ethniques, et en même temps protègent celles-ci dans leurs libertés contre l’hégémonie de l’une sur les autres. Il y a tout à craindre que, une fois que cette diversité aurait battu en brèche la République en s’unissant contre elle, elle s’entredéchire dans un combat fratricide pour notre société, justifiant d’un côté jusqu’au pire des Etats policiers, et de l’autre, une séparation d’isolement des communautés parquées dans des quartiers, laissant libre cours au tribalisme et à l’intégrisme, livrant les femmes aux pires soumissions, et la fraternité passée au pilori.

C’est une guerre déclarée ici au peuple qui se prépare, qui ne sera nullement sollicité pour donner son avis dans ce changement de sens de notre constitution, de notre République, dont la moindre virgule devrait donner lieu à un référendum. On ne laissera pas le loisir à quiconque d’autres que ceux qui, à droite comme à gauche, sont pour la même mondialisation, de définir comment doit s’écrire le monde selon Monsieur Profit.

Le concept de diversité au service du règne sans partage des riches

Sur le modèle économique qui lui est cher, et qu’il exposait aussi lors de la conférence du 8 janvier, il promettait d’introduire « plus d’équité » dans le système économique, entendant faire profiter également les salariés des succès des entreprises, de promouvoir un capitalisme « d’entrepreneurs », un « capitalisme familial »… En réalité, il s’agit bien dans le lignage de ce capitalisme ultra individualiste tout azimut, de cultivé toutes les formes de divisions, sous couvert de diversité, appliquant le fameux principe, diviser pour régner. On voit encore ici comment le capitalisme a étroitement partie liée avec le communautarisme, comment la laïcité est son ennemi mortel. Car seul un peuple qui n’en est plus un, parce que brisé en communautés de droits concurrentes, au non d’un principe de diversité qui enterre l’égalité, est supportable pour ceux qui entendent reproduire les conditions d’une société où l’enrichissement de quelques-uns uns se fait sur l’appauvrissement du grand nombre, où se creuse le fossé entre riches et pauvres.

Monsieur Sarkozy attribue à une politique de civilisation d’on ne sait d’où sortie dans l’histoire, et dont il serait le continuateur, les acquis de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, la laïcité, le droit du travail, les congés payés, les services publics…Non ! Ce furent des conquêtes acquises de hautes luttes contre ceux avec lesquels il se trouve en filiation, rien qui ne vint sans que des révolutions poussent dans le sens de plus d’égalité sociale et politique, sans quoi nous ne serions même pas sous le drapeau de la République !

Aux armes citoyens !

En réalité, ce qui nous est présenté comme une adaptation moderne à des évolutions de notre société à travers cette promotion du concept de diversité est une fin en règle de la laïcité, un grand retour aux corps intermédiaires que la Révolution française avait balayé avec l’établissement de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. C’est à une « marche arrière toute » de l’histoire à quoi nous invite en réalité ici le Président Sarkozy en livrant ainsi la société française au communautarisme dans un seul but, assurer la division du peuple pour déposséder les hommes de leur volonté commune et par la-même, de leur liberté d’écrire ensemble leur destin. Aux armes citoyens !

Guylain Chevrier

historien

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Dimanche 20 avril 2008

Les Ambassadeurs

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Les Ambassadeurs
Hans Holbein le Jeune, 1533
huile sur panneau de bois
209 × 207 cm
National Gallery (Londres)

Les Ambassadeurs – le tableau s’appelle en réalité Jean de Dinteville et Georges de Selve – est un portrait de groupe peint par Hans Holbein le Jeune, actuellement à la National Gallery de Londres. C'est un des chefs-d'œuvre du peintre et de la peinture en général. Triplement important, par ses résonances historiques, par sa richesse symbolique et par son excellence plastique, il comporte un étrange objet au premier plan resté longtemps mystérieux. Cette forme qui occupe le premier plan de la peinture, et que l'on nommait souvent os de seiche, est en fait l'anamorphose d'un crâne humain qui fait référence à une vanité.

Sommaire

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Historique [modifier]

Jean de Dinteville (1504-1557), bailli de Troyes et Seigneur de Polisy était ambassadeur. Il existe plusieurs autres portraits de Dinteville attribués à Holbein : un dessin conservé à Windsor et une peinture sur bois conservée à Berlin (Portrait d'un homme tenant un luth, 1534 ou 1535, Staatliche Museen, Gemäldegalerie)[1]. Il existe également de lui un portrait au crayon et sanguine de Clouet[2].

Georges de Selve (1506-12 février 1541), (fils de Jean de Selve premier président du parlement de Paris), Évêque de Lavaur, (Tarn), de 1526 (20 ans) à 1540 (34 ans), était lui aussi diplomate, Ambassadeur en Angleterre (1533), auprès de la République de Venise de 1534 à 1535, du pape à Rome en 1536, puis à Vienne, en Allemagne et en Espagne. Il a rendu une visite privée à son ami Jean de Dinteville à l'occasion des fêtes de pâques 1533, à Londres, c'est à cette occasion qu'a été peint le tableau.

Dans un premier temps, les historiens de l'art ont cru reconnaître Thomas Wyatt, poète de la cour, et son ami l'antiquaire John Leland. Puis le duc Otto Heinrich et Philippe le Valeureux, de Pfalz Neuburg. L'identification définitive des portraits a été faite en 1895 par Mary Hervey[3].

Le tableau est signé et daté en bas à gauche, dans une zone d'ombre : IOANNES HOLBEIN PINGEBAT 1533. Il appartient d'abord à Jean de Dinteville et reste à Polisy, où se trouve son château, jusqu'en 1653, date à laquelle il est transporté à Paris. Il est vendu aux enchères à Paris le 25 avril 1787. Le marchand d'art Lebrun en fait l'acquisition puis le vend en Angleterre en 1792. Vers 1808 ou 1809, il entre dans la collection du comte de Radnor à Longford Castle (Wiltshire). La National Gallery l'acquiert enfin en 1890.

Description [modifier]

Les Ambassadeurs est une huile sur panneau de 207 x 209,5 cm.

La peinture représente Jean de Dinteville, à gauche, ambassadeur de France en Angleterre en 1533, date de la réalisation du tableau. À droite, se trouve son ami, Georges de Selve, évêque de Lavaur qui entretenait une liaison avec Catherine d'Aragon, mariée a Henry VIII(cette liaison fut l'une des raison du divorce d'Henry VIII et de Catherine d'Aragon) qui a été lui aussi occasionnellement ambassadeur auprès de l'Empereur romain germanique, de la république de Venise et du Saint-Siège. Les deux hommes, qui regardent le spectateur de l'œuvre, sont accoudés à un meuble comportant deux étagères et sur lequel sont disposés plusieurs objets qui se rattachent au quadrivium, les quatre sciences mathématiques parmi les sept arts libéraux, soit l'arithmétique, la géométrie, la musique et l'astronomie. Sur l'étagère supérieure, on voit une sphère céleste, des objets de mesure du temps et un livre, disposés sur un tapis rouge aux motifs géométriques complexes. Sur l'étagère inférieure, un globe terrestre, deux livres, un luth et quatre flûtes réunies dans un étui. L'arrière plan est occupé par un rideau de velours vert dont un repli révèle, à peine, dans le coin haut gauche un crucifix qui souvent n'est pas présent dans les reproductions du fait de sa position à la marge. Le sol montre un pavage composé de cercles et de carrés où se détache une forme difficilement lisible, mais qui saute aux yeux tant elle semble hors de l'espace de la peinture et qu'on a souvent nommé l'os de seiche. Jean de Dinteville est richement habillé d'un manteau de fourrure, il porte à la main une dague dans un étui, où son âge, vingt-neuf ans, est gravé, un béret sur la tête sur lequel est accrochée une broche comportant la représentation d'un crâne. Du noir de ses vêtements tranche le rouge des ses manches et de sa poitrine où pend à une chaîne dorée une médaille décorée d'un ange, la preuve de son appartenance à l'ordre de Saint-Michel. Georges de Selve est, lui, tout vêtu de noir, enveloppé dans un manteau de fourrure. Il porte une paire de gants dans la main droite et sa tête porte une coiffe. De Selve passe l'essentiel de son sacerdoce à travailler à la réconciliation au sein de l'Église. La peinture semble donc immortaliser la prise de fonction d'un ambassadeur français fraîchement nommé à la cour d'Angleterre et la visite que lui fait à cette occasion son ami. Ce premier regard jeté sur la peinture, une œuvre quasiment carrée, de plus de deux mètres de côté, amène deux réflexions : les deux sujets du tableau n'en occupent pas le centre mais sont déportés à droite et à gauche, encadrant un ensemble d'objets qui semblent hétéroclites au premier abord ; à leurs pieds se trouve un objet énigmatique et comme étranger au reste du tableau même s'il en occupe le premier plan, comme si Holbein avait utilisé le portrait pour mettre en valeur autre chose que les personnages qui donnent leur nom à l'œuvre, et dont l'un, Dinteville, est le commanditaire.

La peinture semble donc foisonner de symboles, d'indications cachées, de références, toutes choses normales dans la peinture de la Renaissance et, que nous allons essayer d'identifier, de mettre en lumière.

Le contexte politique et religieux de l'année 1533 [modifier]

Le paysage politique européen de l'époque est dominé par quatre figures majeures : les rois de France et d'Angleterre, François Ier et Henri VIII, l'empereur Charles Quint et le pape Clément VII qui mourra l'année suivante. Fin octobre 1532, Francois Ier rencontre Henri VIII pour tenter d'obtenir son soutien contre l'Empire. Henri VIII, quant à lui, souhaite que François Ier use de son influence sur le pape Clément VII pour résoudre la question de son divorce avec Catherine d'Aragon, la tante de Charles Quint. Les rencontres sont chaleureuses, François offre à Anne Boleyn, qu'Henry VIII épousera cette année-même, un diamant et invite le fils naturel d'Henri, le duc de Richmond, à suivre la même éducation que ses fils à la cour de France.

Des cardinaux français mènent alors des négociations secrètes avec le pape pour soutenir la position d'Henri VIII et le deuxième fils de François Ier, le duc d'Orléans et futur Henri II, est fiancé à la nièce du pape, Catherine de Médicis. La décision de publication par le pape des bulles nécessaires à la nomination de Thomas Cranmer comme archevêque de Cantorbéry, semble indiquer que les cardinaux ont fait avancer le dossier d'Henri VIII auprès de Clément VII. Le 25 janvier 1533, Henri épouse en secret Anne Boleyn, alors enceinte, et en informe, en mars, François qui s'en réjouit car cela symbolise une distance grandissante entre la maison d'Angleterre et celle de l'Empereur, son principal ennemi, et un rapprochement remarquable avec la maison de France. Puis les événements se précipitent, le 23 mai, Thomas Cranmer, maintenant archevêque de Cantorbéry, se substitue au pape et annule le mariage d'Henri VIII avec Catherine d'Aragon. Le 1er juin, Anne Boleyn est couronnée à l'abbaye de Westminster. Finalement, tout cela entraînera, le 23 mars 1534, l'excommunication d'Henri VIII par Clement VII et le schisme de l'Église anglicane avec Rome. Durant la même période la France connaît aussi un certain trouble face aux thèses luthériennes.

Suivant ce contexte, on voit que lorsque Jean Dinteville se rend en Angleterre en février 1533 les espoirs d'alliance entre la France et l'Angleterre sont au plus haut, cependant ce n'est plus le cas à son retour en France en novembre de la même année. Sa présence à Londres ainsi que celle de son frère, François, l'évêque d'Auxerre, ambassadeur de France auprès du Vatican, montre qu'il joue un rôle central dans les négociations entre François Ier, Henri VIII et le pape.

Le pavage [modifier]

Le pavage qui se trouve sous les pieds des ambassadeurs a été identifié[réf. nécessaire] comme inspiré, avec une importante simplification, par deux pavages véritables qui partagent une certaine ressemblance. Le premier se trouve à l'abbaye de Westminster [1], le second à la Chapelle Sixtine [2], dans ce cas à une place symbolique, exactement sous la création d'Adam, le don de la vie par Dieu aux hommes. Nous reviendrons sur cette symbolique plus loin lorsque nous analyserons l'os de seiche.

Parmi tous les éléments qui composent le tableau, ce pavage est celui dont la raison symbolique est la moins sûre. Le pavage de l'abbaye comportait sur le carré extérieur du motif une inscription en lettres de bronze, aujourd'hui largement perdue, mais une transcription du XVe siècle permet d'en reconstituer le texte (Christi milleno dis centeno duodeno/ cum sexageno, subductis quatuor, anno,/ tertius Henricus rex, urbs, Odoricus et abbas hos compegere porphyreos lapides) qui fixe la date de son exécution à 1268, sous le règne d'Henri III d'Angleterre et indique le nom de son concepteur, l'artisan mosaïste romain Odoricus. Même si la signification précise de ce pavage reste largement mystérieuse, il est très certainement la représentation du macrocosme, un schéma de l'univers, le cercle central symbolisant Dieu et les quatre cercles périphériques les quatre éléments - le feu, la terre, l'eau et l'air - et le choix par Michel-Ange de positionner sa création d'Adam au-dessus d'une représentation semblable dans la Chapelle sixtine ne semble pas l'œuvre du hasard. On retrouve la même schématisation symbolique de l'univers aussi bien sur le plafond de Raphaël pour la chambre de la Signature (Stanza della Segnatura [3]) que dans le plan de Tycho Brahé [4] pour son observatoire d'Uraniborg.

Nous avons donc deux hommes, le microcosme, placés sur le macrocosme symbolisé par le pavage, donc au centre de la création, et encadrant divers objets dont nous allons tenter de connaître le sens.

L'étagère inférieure [modifier]

L'étagère inférieure
L'étagère inférieure

Cette étagère comporte plusieurs objets : un globe terrestre, un livre d'arithmétique de Peter Apian, mathématicien et astronome à l'université d'Ingolstadt en Allemagne, Eyn newe unnd wohlgründte underweysung aller Kauffmanss Rechnung in dreyen büchern (Un livre nouveau et fiable pour apprendre le calcul et destiné aux marchands, 1527) maintenu ouvert par une équerre, un luth dont l'une des cordes est cassée, un livre d'hymnes luthériens de Johannes Walther, Geistlich Gesangbuhli dans sa première édition de 1524, complètement ouvert sur deux pages qui montrent une partition et un groupe de flûtes. Les objets présents sur cette étagère, qu'il concernent la géographie, les mathématiques ou la musique, sont plus orientés vers la pratique de ces arts ou techniques que vers leur théorie.

Le globe [modifier]

Basé sur celui que Johannes Schöner produisit à Nuremberg en 1523, il indique un certain nombre de notations « géopolitiques » comme la ligne de partage du monde entre Espagnols et Portugais établie par le pape Alexandre VI par le traité de Tordesillas de 1494. La circumnavigation de Magellan y est tracée. On y aperçoit aussi le Nouveau Monde, en particulier la côte brésilienne. Holbein a fait cependant quelques variations par rapport à l'original en particulier, il écrit « Pritannia » en lieu et place de « Britannia », la Bretagne, peut-être un rappel de sa propre prononciation fautive, mais surtout une de ces touches de désordre qui émaillent la peinture et qui symbolisent le trouble du monde. Il indique sur la carte de France, l'emplacement de Policy, aujourd'hui Polisy, mais la faute est peut-être intentionnelle, dans l'Aube, le domaine seigneurial de Dinteville où le tableau est destiné à être installé.

Le livre d'arithmétique [modifier]

La symbolique associée au livre de Peter Apian est probablement de deux ordres. Tout d'abord, livre à l'usage des marchands et consacré à la pratique de leur métier, il marque l'importance de l'émergence de la bourgeoisie dans cette période. Holbein fera d'ailleurs des portraits de riches marchands. Il manifeste aussi dans cette pratique marchande l'apparition de nouveaux outils mis à disposition d'un plus grand nombre par la technique révolutionnaire à l'époque de l'imprimerie. Le livre rappelle aussi que Georges de Selve descend d'une famille de marchands limousins qui a fait sa fortune au cours du XVe siècle et qui a ainsi permis à l'un des siens d'occuper la position d'évêque. Il a été remarqué aussi par Foister que la page lisible commence par le mot Dividirt, double sens de division mathématique mais aussi de division ou dysharmonie, tant dans l'église que dans le domaine politique, ce qui apparaît, en conjonction avec d'autres éléments de la composition, comme une des clefs du tableau. En effet, les écrits de Georges de Selve se font l'écho de ses inquiétudes devant la division dont souffre l'église, la Réforme luthérienne, mais aussi la création de l'église anglicane, dans le pays-même où est peint le tableau. Il écrit par exemple un discours destiné au roi de France et à l'Empereur romain germanique pour appeler à la réconciliation.

Le luth [modifier]

L'étagère inférieure comporte dans sa partie droite trois objets reliés à la musique, un luth, un livre de psaumes et plusieurs flûtes rassemblées dans un étui qui révèle un emplacement vide. Baltrusaitis a remarqué que ce luth ressemble étrangement à celui de la gravure Underweysung der Messung [5] d'Albrecht Dürer (1525) où celui-ci montre un dispositif de traçage des objets en perspective. On peut y voir la reconnaissance de la dette d'Holbein à la science de la perspective, un apport majeur de la Renaissance à la peinture, qui permet au peintre de réaliser des tableaux au réalisme si confondant. De plus, l'une des cordes est cassée, ce qui symbolise la finitude de l'existence en cette période de questionnement de l'homme de la Renaissance, qui cherche à donner un sens à sa vie (en y mettant de la poésie) et vit dans une certaine angoisse de la mort; angoisse que l'Église catholique a de plus en plus de mal à contenir depuis le scandale de la vente des indulgences par certains papes (l'accès au paradis aux généreux donateurs) et le développement du protestantisme, en même temps que s'accroît la curiosité intellectuelle de l'Homme Nouveau... et qui se retrouve dans le crâne en anamorphose et dans le crucifix.

Le livre de chants [modifier]

Le livre représenté est le Geistlich Gesangbuhli de Johannnes Walther, un livre d'hymnes sacrés dont la première édition date de 1524. Comme pour le livre d'arithmétique, Holbein a choisi de présenter le livre ouvert à deux pages particulières qui ne sont cependant pas consécutives dans le véritable ouvrage. La page de gauche montre la traduction en allemand, par Luther, du premier verset de l'hymne Veni sancte Spiritus et la page de droite l'introduction à la Version abrégée des Dix Commandements du même Luther. Il est fort probable que le choix de ce livre et la juxtaposition de ces deux pages soient intentionnels[réf. nécessaire], certainement le thème favori de Luther de l'opposition entre la Loi, représentée par les commandements, et la Grâce, symbolisée par l'hymne, une thématique qui semble avoir été proche des positions de Georges de Selve[réf. nécessaire]. Holbein exploitera ce thème dans deux autres œuvres, au moins, un panneau se trouvant actuellement à la National Gallery of Scotland et sur la page titre de la bible de Coverdale [6] publié en 1535.

A l'arrière plan, on devine un compas à pointe sèche, en anglais divider, qui fait écho à la division du livre d'arithmétique.

L'étagère supérieure [modifier]

L'étagère supérieure
L'étagère supérieure

Sur cette étagère supérieure, on trouve disposés sur un tapis divers instruments astronomiques ou de mesure du temps. George de Selve pose son coude sur un livre dont la tranche comporte la mention : ÆTATIS SVÆ 25 ce qui correspond à l'âge de Georges de Selve qui a 25 ans en ce printemps 1533, il lui reste 7 ans à vivre.

Le globe céleste [modifier]

À gauche près de Dinteville, on voit une sphère céleste qui montre les constellations avec les tracés des êtres mythologiques correspondants. On discerne la constellation du Cygne qui est notée Galacia, ce qui est anormal. Le cygne qui représente traditionnellement cette constellation sur les sphères célestes de l'époque est représenté ici plutôt comme un coq. À proximité, en partie masquée par une plume du costume de Jean de Dinteville, se trouve le vautour tenant une lyre, représentation classique de la constellation de la Lyre, au-dessus duquel est écrit Vultur cadens ("le vautour meurt", en latin). La signification de ces détails reste inexpliquée. Le globe n'est pas réglé pour représenter le ciel à la latitude de 51° 30' qui est celle de Londres où se trouvent les deux hommes mais pour une latitude comprise entre 42° et 43° plus caractéristique de l'Espagne - une partie de l'empire de Charles Quint - ou de l'Italie où réside le pape. On notera cependant qu'il s'agit d'une valeur très proche de la latitude de Rome (41° 52') et qu'elle rappelle les différends politiques et religieux entre la cour anglaise et le Vatican. On a fait remarquer aussi sa grande ressemblance avec celui construit en 1533 par l'astronome de Nuremberg Johannes Schöner et qui est aujourd'hui au Musée de la Science de Londres[réf. nécessaire].

Les cadrans solaires [modifier]

L'étagère supérieure comporte plusieurs cadrans solaires qui sont visibles dans une autre œuvre de Holbein, le portrait de Nicholas Kratzer, peint en 1528 [7], cinq ans auparavant. L'un des cadrans est réglé sur une date, le 11 ou le 15 avril, deux dates entre lesquelles il est impossible de trancher. Comme l'affirme Foister, il n'y a aucune certitude de la présence de Georges de Selve à Londres au début d'avril, cependant le 11 avril était cette année-là le Vendredi Saint et pourrait faire un lien symbolique avec le crucifix et le livre d'hymnes. Près du coude de Georges de Selve se trouve un torquetum, un instrument décrit pour la première fois par Ptolémée qui était de nouveau fabriqué à cette époque, en particulier par Peter Apian qui était aussi un fabricant d'instruments renommé. En position surélevée, un instrument représentant le ciel avec la position des constellations: l'astrolabe, déjà connu des Grecs, et repris par les navigateurs arabes, pour se repérer ou calculer l'heure du jour.

Le crâne et le crucifix [modifier]

L'anamorphose, vue de face
L'anamorphose, vue de face
Le crâne, vu en anamorphose
Le crâne, vu en anamorphose
Utilisation d'une cuillère pour corriger la déformation.
Utilisation d'une cuillère pour corriger la déformation.

L'étrange figure qui se trouve au premier plan, et parfois appelé l'os de seiche, a longtemps intrigué les analystes du tableau. Notre œil acéré d'aujourd'hui, bien plus habitué à la lecture d'images, nous fait deviner qu'il s'agit d'un crâne fortement déformé par une anamorphose, mais il est probable qu'on n'en faisait pas une lecture aussi immédiate autrefois. On notera cependant que ce type d'images déformées était à la mode dans l'Angleterre des Tudors, la National Portrait Gallery de Londres possède d'ailleurs un portrait d'Édouard VI d'Angleterre par William Scrots [8] qui utilise aussi une déformation par anamorphose que l'on corrige en regardant la surface du tableau au travers d'un trou dans son cadre.

Ces deux éléments conjugués évoquent plusieurs Saint Jérôme, celui de Joos van Cleve de 1525, et ceux de Dürer, en particulier l'huile sur panneau de bois de 1521 [9], actuellement au Museu Nacional de Arte Antiga à Lisbonne. Dans cette dernière œuvre, le regard de Jérôme vers le crâne suit un axe assez proche de celui qui permet de lire l'anamorphose du crâne des Ambassadeurs. L'association entre le crâne et le crucifix évoque la passion du Christ, le golgotha - le mot hébreu pour crâne - et le calvaire - calvaria étant le mot latin avec la même signification. On trouve d'ailleurs fréquemment dans les représentations de la crucifixion, un crâne - celui d'Adam, selon la tradition - au pied de la croix, sur lequel coule parfois le sang du Christ qui lave ainsi, par son sacrifice, le péché originel.

On notera aussi que hohle bein signifie en allemand « os creux » et qu'ainsi ce crâne pourrait aussi être une référence au nom de l'artiste, une sorte de signature[réf. nécessaire].

Le contraste de ce crâne avec le sujet principal de cette peinture qui représente deux hommes importants, un ambassadeur de France auprès de la cour d'Angleterre, dont le frère est lui-même ambassadeur auprès de la papauté et un évêque issu d'une famille de riches marchands, en fait une vanité, une œuvre qui symbolise que la mort rend insignifiants les luxes et les aspirations de l'existence, et que le chrétien doit avant tout se préparer au Jugement dernier.

Le crucifix, à moitié caché, dans une position intermédiaire entre ce qui est devant le rideau, le monde des hommes et ce qui est caché à leur regard, l'inconnu derrière la tenture, symbolise la position du Christ intermédiaire entre l'ici-bas et l'au-delà. Certains ont d'ailleurs vu dans ce tableau l'impossible représentation de Dieu[réf. nécessaire].

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Dimanche 23 mars 2008

Symboles maçonniques et républicains sur une maison privée.
1, rue Romagon à Bar-sur-Aube (10)

 


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Mercredi 20 février 2008
Sauvegardons la laïcité de la République
84 007 signatures à la date du 19/02/08

Les organisations et personnalités signataires rappellent solennellement que, selon l’article 1er de la Constitution, la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Ces quatre termes indissociables définissent des principes qui s’imposent à tous, au premier rang desquels le Président de la République. Or, les déclarations récentes de Monsieur Sarkozy, mêlant ses convictions personnelles et sa fonction présidentielle, portent atteinte à la laïcité de la République.
La mise en cause de ce principe constitutionnel indispensable à la paix civile est inacceptable. Depuis 1905, grâce à la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat, la République assure à chaque citoyen la liberté de conscience, garantit sa liberté de croire ou de ne pas croire et de pratiquer le culte de son choix, de n’en pratiquer aucun ou de pouvoir en changer. Elle permet ainsi de vivre ensemble, dans le respect de chacun, quels que soient ses origines, ses choix philosophiques ou ses convictions religieuses.
Dans notre République et notre société multiculturelle, la diversité doit être richesse et non source de conflit. Pour cela, la laïcité, assurant l’égalité en droit des citoyens dans le respect des lois de la République, permet à la fois l’expression du pluralisme des convictions et la recherche de valeurs communes pour construire une communauté de destin.
Dans un monde aujourd’hui global et de plus en plus complexe, où se multiplient les voies d’accès à l’information et aux connaissances, et où explose la médiatisation des événements et de la pluralité des représentations du monde, seule la laïcité permet l’émancipation de tous en favorisant le libre accès au savoir et à la culture et le discernement de chacun pour un libre choix de vie, par une démarche rationnelle et critique faisant toute leur place au doute, à l’imagination et à la créativité.
C’est pourquoi, les organisations et personnalités signataires s’opposeront à toute tentative qui mettrait, de fait, en cause la laïcité par une modification du contenu de la loi de 1905. A l’heure où nos concitoyens éprouvent des difficultés et des inquiétudes croissantes, elles les appellent à promouvoir la laïcité comme une exigence partagée avec la ferme volonté de bâtir ensemble une société où la justice sociale assurera, quotidiennement, pour toutes et pour tous, la liberté, l’égalité et la fraternité. 
 
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